De l’ombre à la lumière

Non, ce n’est pas un article sur Marie Carmen, je vais plutôt vous présenter le cas d’une personnalité, qui est passée en un mois seulement de l’ombre à la lumière. Qu’est-ce qui a fait en sorte que son influence ait bondi d’une façon aussi marquante?

5/14/20263 min read

Crédits : Christopher Katsarov, La Presse Canadienne, montage L'actualité

Ce que révèle la montée de Christine Fréchette dans l’opinion publique

Il y a à peine quelques semaines, peu de gens auraient parié sur une remontée de la CAQ.

Le parti semblait profondément fragilisé par les débâcles de son gouvernement (Lion, Norvolt, SAAQclic) et l’usure de sept ans de pouvoir. Dix ministres et députés sont partis ou n’ont pas l’intention de se représenter aux prochaines élections. Bref, l’avenir n’avait rien de reluisant pour la CAQ.

Selon les récents chiffres du dernier sondage Pallas Data Qc125, les intentions de vote de la CAQ remontent depuis l’arrivée de Christine Fréchette comme première ministre.

Ce qui est fascinant dans le changement de perception des Québécois, ce n’est pas uniquement la remontée elle-même. C’est la rapidité avec laquelle l’influence peut se transformer, même dans un contexte défavorable.

Parce qu’au moment de son arrivée, Christine Fréchette n’était pas une figure bien connue du grand public. Après le départ de Pierre Fitzgibbon, elle avait repris les dossiers du super ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie. Un rôle dans lequel on l’avait peu vu dans les médias.

Alors qu’est-ce qui explique cette croissance soudaine de son influence?

1. Un ton simple, direct et respectueux

Lorsqu’elle parle aux médias, Christine Fréchette adopte un ton sobre qui tranche avec ce qu’on avait observé depuis quelques années.

Pas de grande performance.
Pas de formule excessive.
Pas de posture de supériorité.

Elle s’adresse à la population comme à des gens capables de comprendre la complexité d’un enjeu sans simplifier inutilement le message.

Plusieurs personnalités politiques tombent dans le piège d’adopter un discours technocratique, intellectuel, condescendant ou émotif, la posture de la première ministre impose le calme et la crédibilité.

Le respect pour son auditoire est devenu une forme d’influence sous-estimée.

2. Un leadership qui se construit par une présence constante

Autre élément intéressant : Christine Fréchette est systématiquement mise de l’avant à chaque annonce.

Même dans des dossiers où d’autres ministres auraient pu naturellement être sous les projecteurs, elle demeure la figure centrale lors des sorties publiques du gouvernement.

Cette stratégie est loin d’être anodine.

L’influence ne repose pas uniquement sur le ton, la posture et les idées.
Elle repose aussi sur la constance dans des apparitions publiques.

À force d’être visible lors des décisions et des annonces, elle devient progressivement le point de référence du gouvernement même pour des citoyens qui suivent la politique de loin.

3. Une écoute efficace des besoins de la population

Le troisième élément est probablement le plus important. Très rapidement, la cheffe du parti a choisi d’agir sur des dossiers hautement symboliques :

  • l’investissement à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont

  • l’entente avec les médecins spécialistes

  • le rehaussement du soutien financier pour contrer l’itinérance

  • la baisse d’impôts pour les PME

Au-delà des débats politiques, ces décisions envoient un signal clair : “nous comprenons ce qui préoccupe les gens.”

Le cas de Christine Fréchette montre que l’influence ne se construit pas nécessairement avec ceux et celles qui parlent le plus fort.

Elle repose sur la capacité d’incarner le bon ton, au bon moment, dans le bon contexte.
Elle augmente aussi avec la constance dans la posture, la visibilité et la lecture des besoins de son public.

"Le respect pour son auditoire est devenu une forme d’influence sous-estimée."